Sciences du Design — 11 — Anthropocène et effondrement

2019-05-23

APPEL À ARTICLES

Sciences du Design lance un appel à articles sur le thème « Anthropocène et effondrement » pour son numéro 11, à paraître au printemps 2020, sous la direction de Laurence Allard (Université de Lille, IRCAV-Paris 3, Labo Citoyen, France) et Alexandre Monnin (ESC Clermont/Origens Medialab, France).

Le développement durable ou la transition, qu'elle soit énergétique, écologique ou autre, s'inscrivent dans une temporalité marquée par l'horizon du développement (Brightman & Lewis 2017). En guise de corollaire, un tel temps se conçoit comme susceptible d'accueillir une action efficace et outillée des objets techniques dont le design assure la conception. Or, dans le contexte du changement climatique, une telle hypothèse ressemble de plus en plus à un pari. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) lui-même dans son dernier rapport (1) indique qu'il ne resterait que quelques années pour infléchir la trajectoire actuelle et demeurer sous les 1,5°C de réchauffement, synonymes de limite au-delà de laquelle des changements non-linéaires, non-maîtrisables, interviendront inéluctablement. C’est pour aborder de tels changements que deux notions ont été proposées : d’une part, celle d’Anthropocène, pour désigner une nouvelle époque géologique marquée par les conséquences de l’activité industrielle, et qui a subi un élargissement progressif à la mesure des désordres affectant l’ensemble du système-Terre ; d’autre part, la notion d’effondrement (collapse), qui a été réactivée récemment, dans le sillage du rapport du Club de Rome de 1972 pour décrire les conséquences du développement, et ce dans tous les domaines. Les deux notions convergent à travers celle de “limites planétaires” qu’elles convoquent volontiers bien que son origine soit indépendante (Steffen et al. 2015).

Face à cet horizon plus ou moins catastrophique, que faire concrètement si le temps manque ? Maintenir l'effort actuel ? La transition prendra alors 363 ans selon de récentes études. Ralentir ? Paradoxalement, cela aussi requiert du temps, en proportion de l’inertie d’un développement ancré dans des structures juridiques, administratives, économiques ou financières élaborées au cours des derniers siècles. Accélérer ? La transition n'est pas une fin en soi et s’activer en vue de la faire advenir au prix d'une hausse des émissions au cours des prochaines années irait à l'encontre de l'objectif visant à demeurer sous la limite des 1,5°C. Accélérer, ralentir ou maintenir le statu quo : trois alternatives qui épuisent le spectre des possibles et dont aucune n'apparaît souhaitable et/ou possible. À partir de ce constat, c'est l'idée même de transition (Irwin, 2015, Boehnert & al. 2018, Boehnert 2019) qui entre en crise profonde (2). D'ailleurs, certaines réflexions issues de l'informatique, largement portées par les ergonomes (HCI), ont d'ores et déjà changé de focale : au-delà de la transition, des chercheurs réfléchissent désormais en termes de collapse informatics (Tomlinson et al. 2008), considérant qu’envisager une transition échouant à advenir ou à tenir ses promesses relève d’une scénarisation dont la probabilité doit être considérée avec sérieux (Tomlinson et al. 2012) (3).

Aussi, dans ce numéro, nous proposons de faire converger les notions d’Anthropocène et d’effondrement, et de parler d’un “effondrement anthropocénique” (du vivant, des sociétés, du climat, etc.). Cette notion ou ce qu’elle recoupe est d’ailleurs devenue un lieu commun médiatique récurrent (4), porteur d’imaginaires et de récits, savants et populaires, peuplés d’objets et de technologies en perdition. Au-delà des approches folkloriques, que le genre science-fictionnel post-apocalyptique a défriché depuis un siècle (Gabriel Tarde ou Camille Flammarion, en leur temps, ont chacun composé des récits de fin du monde alliant fiction, science et politique), ce numéro voudrait contribuer à penser le rôle du design, de ses productions, de ses processus ou encore de ses modèles au regard des formes de vie possibles sur une planète endommagée (Haraway, 2016 ; Collectif, 2019).

Sans exclure d’autres thématiques, des contributions sont attendues qui abordent l’un ou l’autre des axes suivants.

Design, quelles relations au monde et au futur ?
Selon le designer australien Tony Fry (2008), l'essence du design ne saurait être capturée par la profession de designer. Elle tient en effet, selon lui, à la capacité collective de "futurer", autrement dit de subsister dans un monde qui demeure habitable. Il s'agit ainsi d'une activité qu'aucune intentionnalité ne pilote, collective et non individuelle, s'inscrivant dans un temps long, à mille lieues de toute idée de signature. Selon cette caractérisation, le design équivaut à l’instauration d’une certaine relation au monde. Or, suivant Fry, cette relation, à l'heure actuelle, n'engendre plus la “futuration” mais son envers, la “défuturation”. Les professionnels du design sont également concernés, leur contribution aux dégradations constatées fût-elle marginale. En effet, leur activité demeure bel et bien encastrée dans un processus productif et économique foncièrement défuturant (ce qui n’est pas sans rappeler les alertes lancées par Victor Papanek dès 1971). Plusieurs questions se posent alors : s'il convient de modifier rien de moins que "notre" rapport au monde dans le contexte de l’Anthropocène, quelle place accorder aux designers ? De quelle marge disposent-ils ? L'ambition même de “piloter” notre relation au monde n'est-elle pas tout simplement contradictoire (le pilotage imposant déjà une relationnalité à rebours du souhait exprimé) ? Comment sortir d'un tel paradoxe ?

Ouvrir de nouveaux mondes ? Réparer le monde ?
Dans un ouvrage récent, Bruno Latour (2017) opère une distinction entre systèmes de production et systèmes d'engendrement afin de soutenir l'opposition qui structure son propos entre le Globe et la Terre. En valorisant les systèmes d'engendrement, il retrouve à sa manière l'idée de worldmaking mise en avant par plusieurs travaux récents qui accordent une capacité à fabriquer des mondes habitables aux non-humains (une notion pas si éloignée de la conception du design défendue par Fry) : qu'il s'agisse par exemple des champignons (Tsing, 2015) ou des plantes (Coccia, 2016). Le design s'inspire également de cette idée de worldmaking à travers le biomimétisme par exemple. En revanche, ce principe, qui fait écho à l’idée d’un système d'engendrement, peut-il être réinséré dans le système de production actuelle sans contradictions ?

Outre ses modalités, on peut également interroger la finalité du worldmaking du point de vue du design. Celui-ci se définit parfois comme une discipline visant à “ouvrir de nouveaux mondes” (Spinosa et al. 1999, Willis 2016). Il est également de plus en plus mobilisé comme support pour "réparer le monde" (Gauthier et al. 2015) existant comme en témoigne le développement du mouvement maker (Gershenfeld, 2005) inspiré dès l’origine par une logique qui reste celle de l’innovation mais suivant des modalités circulaires (jugaad, upcycling). Il y a tout lieu de questionner à la fois les moyens mobilisés et la légitimité de ces démarches.

D’ailleurs, la gestion et la théorie des organisations, qui se positionnent au coeur du système de production, accordent précisément à l'innovation le soin de multiplier les mondes et/ou de les réparer suivant précisément le prisme des organisations. D'où, par exemple, la mission reconnue à l'innovation, censée "forcer le possible" pour permettre aux organisations de subsister dans leur environnement selon Armand Hatchuel. En creux, la question posée n’est autre que celle du monde ainsi visé (“l’environnement” des organisations) par le design ou la gestion. Ressemble-t-il plus à la Terre ou au Globe ? Ces disciplines performent-elles des mondes consistants (Montebello 2015) ou, à l'inverse, ne sont-elles pas structurellement privées de monde véritable, autrement dit, foncièrement acosmiques ?

Vers un design de nouvelles instances ?
Un design des instances (5) démocratiques de représentation émerge et peut être considéré comme vecteur de nouveaux rapports à ce qui nous reste en commun. Les communs justement, ces biens en propriété collective tels que des ressources naturelles ou les logiciels libres, se prêtent à une telle démarche en vertu de l’articulation classique qu’ils opèrent entre communautés, ressources et procédures démocratiques. La gestion d'une ressource par une communauté selon des règles de gouvernances partagées semble donc propice à l’intervention du design, ici entendu comme un ensemble de procédés ou de méthodes, par-delà la production ou l'idéation. Dès lors, comment les designers sont-ils susceptibles, très prosaïquement, de contribuer à ces démarches ?

En parallèle, certains collectifs mobilisent de plus en plus le droit ou la réflexion sur les communs en vue d'instaurer d’autres rapports au monde - y compris dans le but explicite d’outrepasser les limites de la notion de “ressource” au coeur des communs. Pour l’heure, les approches académiques questionnant à la fois cette relationnalité et le design, tout en resituant ces enjeux dans la perspective de l’Anthropocène ou de l’effondrement, participent du tournant “ontologico-cosmologique” porté pour l’essentiel par des anthropologues (Escobar, 2018). Quant aux propositions concrètes, elles aussi semblent de manière emblématique échapper au design, fût-il celui des instances. L'édification de la Pachamama, la figure de la Terre-Mère (Landivar & Ramillien 2015), nouvelle divinité inscrite dans les constitutions équatoriennes et boliviennes afin d’instaurer un autre rapport à (ce qui n’est plus) l’environnement (6), a ainsi été accomplie au terme d'un processus impliquant une diversité d’acteurs où n’apparaissent nullement les designers. Les droits accordés à la rivière Whanganui en Nouvelle-Zélande ont quant à eux été acquis après 140 ans de lutte juridique menée par des tribus Maori.

Compte-tenu de ces exemples et d’autres que l’on pourrait encore citer, quelle place accorder aux designers ? Soutien à des communautés en lutte ? Adaptation de ces enjeux à d’autres contextes où le design constitue déjà un levier (et lequel dans ce cas) ? Source d’inspiration pour penser la relation au monde au-delà des concepts (à dominante gestionnaire) d’organisation ou de ressource (Schmeer 2019) ?

Design, quels signes pour la fin d’un monde ?
Enfin, d'autres formes de design ont également toute leur place dans cette réflexion. C’est le cas du design graphique. Songeons aux travaux pionniers d'Otto Neurath et de l'Institut Isotype, en particulier l'ouvrage Modern Man in the Making (Neurath 1930). Écrit et composé juste avant la grande accélération de l'après-guerre, il détaille, au moyen du langage graphique élaboré par Neurath et Gerd Arntz, le processus de modernisation alors en cours entre les deux guerres mondiales ; autrement dit, on le comprend aujourd’hui, le mouvement-même ayant conduit à l'Anthropocène. Aussi, comment ne pas songer à l'urgente nécessité de composer son équivalent contemporain, Modern man in the unmaking ?

Les travaux du collectif Bureau d'études, qui opère la bascule de la cartographie du capitalisme et de ses infrastructures vers celle des communs, en livrent une démarche inspirante (Bureau D’Etudes, 2014). Le récent ouvrage Terra Forma (Collectif 2019) invite à l’exploration d’une Terre que l'on croyait - à tort - connaître grâce à l’esquisse graphique d’un nouvel imaginaire géographique, ce qui rejoint certaines préoccupations décoloniales au sein de la discipline du design (Kalantidou & Fry 2014).

Il s'agit désormais de faire cohabiter à la fois l'exploration d'une nouvelle Terre, en plein trouble, et le fait d'hériter des infrastructures du monde moderne : deux inconnues qui requièrent l'éclairage conjoint de démarches d'enquête, de plus en plus prisées des designers, et de leur documentation (expressive, figurative, représentative). La même question se pose également pour le design fiction en lien avec les récits, dont la présence est très marquée, du reste, au coeur de certains discours effondristes (Servigne & al. 2018). Récits, narrations, fabulations autant d’activités collectives de spéculations, “d’écotopies” (Povinelli, 2016), qui renouvellent le répertoire de la rencontre entre design, fiction et expérimentation sociale.

MODALITÉS DE SOUMISSION

Pour tous les numéros, les auteurs et les autrices doivent désormais soumettre d’emblée un article complet (full paper). Ce dernier doit respecter scrupuleusement l’ensemble des consignes de soumissionSciences du Design n’accepte plus les abstracts.

Pour soumettre, merci de suivre la procédure en ligne :
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CALENDRIER

> 30 septembre 2019 : date limite pour la soumission des articles complets
> 30 novembre 2019 : première réponse (provisoire) aux auteurs et autrices
> 12 janvier 2020 : deuxième réponse (définitive) aux auteurs et autrices
> mai 2020 : publication en librairie et en ligne

CONTACT

Laurence Allard : laurence.allard@univ-lille.fr
Alexandre Monnin : alexandre.monnin@esc-clermont.fr

Notes

(1) Le résumé à destination des décideurs est disponible sur report.ipcc.ch/sr15/pdf/sr15_spm_final.pdf. Par ailleurs, en 2019, c’est la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais) qui a remis son rapport sur la biodiversité, tout aussi alarmant : www.ipbes.net/news/ipbes-global-assessment-summary-policymakers-pdf.

(2) En témoigne également le rapport publié par l’agence B&L évolutions http://bl-evolution.com/portfolio/comment-saligner-sur-une-trajectoire-compatible-avec-les-15c/ qui montre les efforts nécessaire pour demeurer en deçà du seuil de 1,5°C, sans s’appesantir sur la faisabilité de ces mesures qui, par leur ampleur, apparaissent totalement hors de portée.

(3) L’intérêt de cette proposition tenant au fait que le numérique constitue un pari, résolument inverse, sur l’avenir. Sur cette question, voir le récent rapport du Shift Project qui en appelle à une “sobriété numérique” : https://theshiftproject.org/article/pour-une-sobriete-numerique-rapport-shift/ mais aussi Pierce (2012).

(4) C’est en particulier le cas en France, suite à la publication en 2015 du livre de Pablo Servigne et Raphaël Stevens (2015).

(5) Cette thématique est notamment portée par le pôle recherche de la Cité du design de Saint-Etienne : https://www.citedudesign.com/fr/la-recherche/150218-vers-un-design-des-instances

(6) Environnement que certain auteurs récents (Vanuxem 2018) reconceptualisent en termes de “milieux”, retrouvant certaines approches du design également préoccupées par les communs (Petit, 2015).

Bibliographie indicative

Boehnert, Joanna, Dan Lockton, et Ingrid Mulder. 2018. « Editorial: Designing for Transitions ».

Boehnert, Joanna. 2018. Design, Ecology, Politics: Towards the Ecocene. New York : Bloomsbury Academic, An imprint of Bloomsbury Publishing Plc.

Boehnert, Joanna. 2019. « Transition Design and Ecological Thought ». Cuadernos Del Centro de Estudios de Diseño y Comunicación (73):133‑48.

Brightman, Marc et Jerome Lewis, éd. 2017. The Anthropology of Sustainability: Beyond Development and Progress. New York, NY : Palgrave Macmillan.

Bureau d’études. 2014. An Atlas of Agendas: Mapping the Power, Mapping the Commons. Eindhoven, Netherlands : Onomatopee.

Coccia, Emanuele. 2016. La vie des plantes : Une métaphysique du mélange. Paris : Rivages.

Collectif. 2019. Critique 860-861. Vivre dans un monde abîmé. Minuit.

Escobar, Arturo. 2018. Designs for the Pluriverse: Radical Interdependence, Autonomy, and the Making of Worlds. Duke University Press.

Fuad-Luke, Alastair. 2009. Design activism: beautiful strangeness for a sustainable world. London ; Sterling, VA : Earthscan.

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Fry, Tony. 2010. Design as Politics. New York : Berg Publishers.

Fry, Tony. 2012. Becoming Human by Design. London; New York : Berg.

Irwin, Terry. 2015. « Transition Design: A Proposal for a New Area of Design Practice, Study, and Research ». Design and Culture 7(2):229‑46.

Kalantidou, Eleni, et Tony Fry, éd. 2014. Design in the Borderlands. New York, NY : Routledge.

Gauthier, Philippe, Sébastien Proulx, et Stéphane Vial. 2015. « Manifeste pour le renouveau social et critique du design ». Que sais-je? 120‑22.

Gensherfeld, Neil,Fab: The Coming Revolution on Your Desktop--from Personal Computers to Personal Fabrication, Basic Books, 2005.

Haraway, Donna. 2016. Staying with the Trouble: Making Kin in the Chthulucene. Duke University Press Books.

Latour, Bruno. 2017. Où atterrir ? Paris : La Découverte.

Landivar, Diego et Emilie Ramillien. 2015. « Reconfigurations Ontologiques Dans Les Nouvelles Constitutions Politiques Andines. Une Analyse Anthropologique ». Tsantsa 20:29‑40.

Montebello, Pierre. 2015. Métaphysiques cosmomorphes : La fin du monde humain. Dijon : Les Presses du réel.

Nardi, Bonnie. 2019. « Design in the Age of Climate Change ». She Ji: The Journal of Design, Economics, and Innovation 5(1):5‑14.

Neurath, Otto. 1939. Modern Man in the Making. Knopf.

Papanek, Victor. 1971. Design for the Real World: Human Ecology and Social Change. New York : Pantheon Books.

Pierce, James. 2012. « Undesigning Technology: Considering the Negation of Design by Design ». P. 957 in Proceedings of the 2012 ACM annual conference on Human Factors in Computing Systems - CHI ’12. Austin, Texas, USA: ACM Press.

Petit, Victor. 2015. « L’éco-design : design de l’environnement ou design du milieu ? » Sciences du Design n° 2(2):31‑39.

Povinelli, Elizabeth, Geontologies: A Requiem to Late Liberalism, Duke University Press, 2016.

Schmeer, Johanna. 2019. « Xenodesignerly Ways of Knowing ». Journal of Design and Science, 5.

Servigne, Pablo et Raphaël Stevens. 2015. Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes. Paris : Seuil.

Servigne, Pablo, Raphaël Stevens, et Gauthier Chapelle. 2018. Une autre fin du monde est possible: Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre). Paris : Seuil.

Spinosa, Charles, Fernando Flores, et Hubert L. Dreyfus. 1999. Disclosing New Worlds: Entrepreneurship, Democratic Action, and the Cultivation of Solidarity. New edition. Cambridge, MA, USA : MIT Press.

Steffen, W., K. Richardson, J. Rockstrom, S. E. Cornell, I. Fetzer, E. M. Bennett, R. Biggs, S. R. Carpenter, W. de Vries, C. A. de Wit, C. Folke, D. Gerten, J. Heinke, G. M. Mace, L. M. Persson, V. Ramanathan, B. Reyers, et S. Sorlin. 2015. « Planetary Boundaries: Guiding Human Development on a Changing Planet ». Science 347(6223):1259855‑1259855.

Tomlinson, Bill, Eli Blevis, Bonnie Nardi, Donald J. Patterson, M. Six Silberman, Juliet Norton, et Joseph J. LaViola. 2012. « What If Sustainability Doesn’t Work Out? » Interactions 19(6):50.

Tomlinson, Bill, Donald J. Patterson, Yue Pan, Eli Blevis, Bonnie Nardi, Six Silberman, et Yue Pan. 2008. « Collapse Informatics and Practice: Theory, Method, and Design ». ACM Transactions on Computer-Human Interaction 20(4):1‑26.

Tsing, Anna Lowenhaupt. 2017. Le champignon de la fin du monde: Sur la possibilité de vie dans les ruines du capitalisme. La Découverte.

Vanuxem, Sarah. 2018. La propriété de la terre. Marseille: Wildproject Editions.

Willis, Anne-Marie. 2006. « Ontological designing ». Design philosophy papers 4(2):69–92.

Willis, Anne-Marie et Cameron Tonkinwise. 2009. « Inefficient Sustainability ». Design Philosophy Papers 7(1):1‑5.